Sanjûsangen-dô : le temple représentant le paradis

Sanjusangendo - temple de Kyoto

Le Sanjûsangen-dô est un des plus beaux temples de Kyoto (pour tout avouer, c’est mon préféré). Petite présentation pour que vous ne passiez pas à côté de ce bijou, qui n’est étrangement pas l’un des temples les plus connus de l’ancienne capitale japonaise.

Les plus beaux endroits ne sont pas toujours les plus connus. Pour moi, cette logique s’applique parfaitement aux temples de Kyoto. Bien sûr, le Kinkakuji, ou temple d’or, est un très bel endroit à visiter, mais vous ne pourrez pas l’approcher de près, ni rentrer à l’intérieur. Bien sûr, la plate-forme du Kiyomizu-dera est impressionnante, et son histoire est à la fois inquiétante et incroyable. Mais, pour moi, si vous ne deviez voir qu’un temple de Kyoto, je vous conseillerais d’aller voir le Sanjûsangen-dô.

La photo située en haut de cette page montre trois des 1000 statues de bois doré de Senju Kannon situées dans le temple. Oui, vous avez bien lu, je parle de mille statues, toutes très légèrement différentes. Il y a également trente autres statues, des 28 protecteurs de Kannon et des dieux du vent et de la foudre, que l’on trouve souvent sur les portes japonaises et une statue principale située au centre. Et comme cet endroit est relativement peu connu, vous auriez pu manquer ce millier de statues cachées dans un temple très long, mais d’apparence toutefois modeste.

Où se trouve le Sanjûsangen-dô ?

Le Sanjûsangen-dô est non seulement un superbe temple, mais il a aussi l’avantage d’être relativement proche de la gare, à environ 20 minutes à pied. Le trajet n’étant pas désagréable et la circulation autour de la gare étant généralement un peu compliquée, je vous conseille d’y aller à pied.

Sanjusangendo carte
Pour ceux qui veulent le trouver lors de leur prochain voyage à Kyoto, vous pouvez facilement vous repérer via ce lien google maps vers le Sanjûsangen-dô.

Comme le Sanjûsangen-dô n’est pas aussi connu que le Kiyomizu-dera ou le Kinkakuji, on trouve peu d’indications pour y aller et il n’y a pas de boutiques à proximité. Mais vous trouverez tout de même facilement l’une des deux entrées, toutes les deux au nord du temple. Comme le temple est entouré d’un mur, il n’est pas possible de le voir sans entrer. Et de toute manière, son véritable intérêt se situe à l’intérieur.

temple japonais Sanjusangendo entourré de fleurs

Histoire du Sanjûsangen-dô

L’histoire du Sanjûsangen-dô est vraiment étonnante. Son nom signifie « hall de 33 gen » (prononcez « guèn »), le gen étant l’unité de mesure qui sépare deux de ses colonnes (sanjûsan signifie 33). Cette distance est importante, puisqu’un grand concours de tir à l’arc est organisé d’un bout à l’autre du temple chaque année. Le défi principal est de tirer le maximum de flèches sur une cible située de l’autre côté du temple, soit environ 60m plus loin (les arcs traditionnels japonais ayant une puissance de tir relativement faible, il est extrêmement compliqué d’atteindre une cible située à cette distance). Vous pouvez voir de belles photos de cette compétition sur cet article du site LeJapon.fr sur le concours du Sanjûsangen-dô

intérieur du Sanjusangendo

Paradoxe de ce temple : on se focalise sur une vingtaine de statues et on en oublierait presque les 1000 statues situées derrière

Outre cette tradition qui perdure depuis près de 400 ans, le Sanjûsangen-dô a également une très belle histoire concernant sa construction, puisque la création des statues aurait été le travail de plusieurs générations d’artisans, une seule vie n’étant pas suffisante pour  se former, puis créer un millier de statues de ce genre. Le temple ayant malheureusement brûlé une fois au XIII° siècle, toutes les statues ne sont pas de la même époque.

Pour les amateurs de sabre et de combat, l’un des duels les plus célèbres de Musashi Miyamoto (réputé le plus grand samouraï de l’histoire du Japon), celui avec Yoshioka Denshichirō, se serait déroulé juste devant le Sanjûsangen-dô.

Longueur du Sanjusangendo

La fameuse longueur de 33 « gen », c’est-à-dire les 33 espaces entre deux colonnes

Dernier élément de l’histoire du Sanjûsangen-dô, celui-ci était peint à l’origine. Il y avait également de petits miroirs ronds à l’intérieur. Ainsi, les mille statues dorées, la peinture et les miroirs, qui reflétaient tous la lumière, avaient pour but de présenter aux visiteurs une image du paradis au lever du soleil. S’il n’est malheureusement plus possible de voir ce que cela donnait, on imagine facilement la scène incroyable à laquelle on devait assister, avec les reflets du soleil sur mille statues, des peintures colorées et des miroirs, mêlés aux couleurs superbes du lever du soleil. Si vous visitez le Sanjûsangen-dô, c’est cette image que je vous conseille de construire devant vos yeux, et vous comprendrez pourquoi il s’agit de mon temple préféré de Kyoto.

Mon avis sur le Sanjûsangen-dô

Comme je l’ai déjà dit plusieurs fois, le Sanjûsangen-dô est mon temple préféré de Kyoto (je sais, j’insiste lourdement, mais tout le monde va voir le Kinkakuji, qui est même jusque dans le logo de Kyototradition, alors que je préfère le Sanjûsangen-dô). Je trouve son histoire incroyable et les mille statues sont vraiment impressionnantes. S’il n’est plus resplendissant du fait de l’absence de peinture, de miroir et du fait du vieillissement des statues, on imagine facilement la merveille que cela devait être lorsqu’il fut construit. Il est vrai que ce temple n’est pas très beau vu de l’extérieur et que l’espace qui l’entoure est assez quelconque comparé à de nombreux autres endroits de Kyoto. Mais l’aspect incroyable des 1000 statues différentes, créées par plusieurs générations d’artisans, vaut définitivement le détour. C’est également le seul temple de ce genre qu’il m’ait été donné de voir et d’ailleurs, si le Sanjûsangen-dô rappelle d’autres monuments, japonais ou non, à certains d’entre vous, je serais vraiment heureux que vous m’en fassiez part dans les commentaires. Je pense que le mausolée de l’empereur Qin, en Chine, doit avoir un aspect encore plus impressionnant par sa taille, mais sans doute moins enchanteur du fait de son absence de couleurs.

Statue dans le Sanjusangendo

Photos:

Derrière les fleurs : Wakanmuri

Intérieur du temple: Miguel Michan

Vue de la longueur du temple : Fletcherjcm

 

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