Ryōan-ji, le monastère Zen

Aujourd’hui, nous allons aborder le Ryōan-ji, tout d’abord un temple, mais aussi un véritable lieu de spiritualité représentant la culture zen. L’ensemble du site est considéré comme un chef d’œuvre qui mérite une visite lors de votre passage à Kyoto. En attendant, découvrez ses particularités et ressentez déjà la sérénité apportée par ce monument.

Comment se rendre à Ryōan-ji ?

Ryōan-ji se situe au nord-ouest de Kyoto, non loin du Kinkaku-ji et d’autres temples – dont le Ninna-ji –  qui seront ultérieurement présentés. Vous pouvez vous y rendre en bus au départ de la gare, dans ce cas, il vous faudra prendre la ligne 50. La ligne 57 et la ligne 59 vous mènent également au temple. Le site est accessible entre 8h et 17h du mois de mars au mois de novembre et de 8h30 à 16h30 du mois de décembre au mois de février.

Vous pouvez vous repérer sur la carte Google Maps, notamment sur notre carte des Monuments de Kyoto, sur laquelle vous pourrez trouver les places environnantes à visiter et organiser votre propre circuit.

Histoire et présentation de Ryōan-ji

Ryōan-ji est avant tout connu pour son célèbre jardin japonais, reflet fidèle de la beauté et du mystère de cette part de la culture japonaise. Mais le site comprend de nombreux éléments. Il y eut tout d’abord une première construction en 983, qui n’est plus visible aujourd’hui.

C’est Hosokawa Katsumoto qui a créé le premier monastère sur Ryōan-ji durant l’ère Muromachi, en 1450. Ce député du Shogun y résida tout le reste de sa vie, avec les moines. Au cours de la Guerre d’Onin (1467-1477), le monastère a été détruit une première fois, tout comme une grande partie de Kyoto. Sa reconstruction a alors été conduite en 1488 par Hosokawa Masamoto, le fils du fondateur. Il fût de nouveau détruit en 1797 par un incendie. L’ensemble du site a été réaménagé tel qu’il est présenté aujourd’hui, lors de cette troisième renaissance.

Outre le temple en lui-même, Ryōan-ji présente de nombreux autres attraits, d’ailleurs les plus admirés par les visiteurs : le jardin et les éléments extérieurs. Le jardin a été construit au début du XVIè siècle et est considéré comme étant un héritage culturel extraordinaire. Le kare-sansui (représenté aussi par la première photo de cet article) est le plus intrigant, parce que tout d’abord, il a été construit sur un terrain plat, qui a l’époque, était novateur. Ce « jardin sec » comporte une couche de minuscules graviers – entretenus chaque jour pour donner une impression de vagues – sur lesquels sont placés 15 rochers. L’autre particularité et mystère de cette réalisation réside dans l’emplacement de ces 5 groupes de rochers, tantôt assemblés par cinq, tantôt par trois, tantôt par deux. Il n’y a jusqu’à présent, aucune explication concluante à ce choix, mais l’on peut remarquer qu’il n’est pas possible d’avoir une vue des 15 pierres en même temps, quel que soit l’angle choisi. Il semblerait que cela favorise l’atmosphère zen que le designer voulut exprimer. Il est également dit que la forme de chaque groupe de pierres décrit les caractères désignant l’esprit ou le cœur. D’autres interprétations favorisent la représentation de l’océan et de ses 5 îles ou encore les 5 montagnes sacrées de Chine, mais aussi les 5 monastères Zen. Enfin, certains voient en cet ensemble, des dragons, notamment à partir de la signification littérale de Ryōan-ji, Temple du repos du dragon. Quoi qu’il en soit, l’explication demeure un mystère et chacun est invité à l’interpréter comme cela lui est favorable.

Le reste de l’extérieur est composé de nombreux points d’eaux et d’espaces boisés où les visiteurs peuvent se promener sereinement. On note le Kyoyochi ou l’ « étang en forme de miroir », créé au XIIè siècle et dont l’emplacement est situé sur le tout premier bâtiment créé en 983, évoqué précédemment. Il y a également un bassin carré, le Tsukubai, qui offre une belle leçon de vie à travers des inscriptions sur les quatre côtés. On peut y lire « ware, tada taru wo shiru », traduit par la connaissance et l’acceptation de la suffisance comme satisfaction. Derrière le temple, on peut évoquer une source d’eau aboutissant dans un petit puits, eau utilisée pour la cérémonie du thé ou Chanoyu.

Avis personnel sur le Ryôan-ji

(Par Sébastien de Kyototradition)

Mon avis personnel sur le Ryôan-ji est différent de celui de la plupart des visiteurs. Peut-être par manque de connaissance du zen ou par mon absence de connaissance sur les jardins secs, je n’ai pas vraiment ressenti la particularité de ce temple. Est-ce que je le conseille ou déconseille ? A vrai dire, il fait partie des quelques monuments de Kyoto auxquels je ne suis pas particulièrement attachés et dont je ne recommanderais pas forcément de se rendre. Cependant j’ai entendu de nombreuses personnes penser complètement le contraire et avoir ressenti une atmosphère profondément apaisante au Ryôan-ji. Donc sans doute s’agit-il d’une question de sensibilité.

Je ne recommande pas le Ryôan-ji à ceux qui risquent, comme moi, de ne pas lui trouver d’autre sens qu’un symbole parfait de la profonde incompréhension entre la culture japonaise et les culture occidentale. Mais peut-être devriez-vous y aller, simplement car, de mon côté, j’envie ceux qui y ont trouvé un sentiment zen particulier.

 

Photos :

Jardin de Shinya Omachi

Intérieur du temple de KimonBerlin

Jardin de Jaybergesen

Ryoan-ji de KimonBerlin

Small Basin at Ryoan-ji de Ziggy Lightworker

 

 

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