Kinkakuji: le « temple du pavillon d’or » de Kyoto


Le Kinkakuji, parfois appelé "temple du pavillon d'or"
Le Kinkakuji est probablement le temple le plus connu du Japon, au point qu’il fait partie du logo de Kyototradition. Voici quelques éléments historiques et notre avis sur ce temple.

Premier article sur les monuments de Kyoto, avec le temple le plus célèbre du Japon : le Kinkakuji (temple du pavillon d’or).

Où se trouve le Kinkakuji ?

Le temple du pavillon d’or se trouve au Nord-ouest de Kyoto, au pied des montagnes. On peut s’y rendre en bus depuis la gare (ligne 205). A noter que l’entrée est payante, mais que le prix est raisonnable. Pour ceux qui ne peuvent pas s’y rendre réellement et pour ceux qui veulent y aller à pied ou à vélo, voici une idée de sa localisation :

Carte de Kyoto avec le Kinkakuji mis en reliefSi vous n’êtes pas encore habitué à la carte de Kyoto, ne vous inquiétez pas. Nous placerons tous les monuments que nous présenterons sur une carte afin que vous ayez une idée de la ville. Vous pouvez aussi retrouver le Kinkakuji sur Google Maps.

Histoire du Kinkakuji

Pendant l’ère Heinan, le site de l’actuel Kinkakuji aurait servi de cimetière et il parait que l’on peut encore y trouver la tombe de l’empereur En’yû (969-984). L’endroit serait aussi connu pour la chasse, ce qui explique l’autre nom du temple, Rokuonji (temple du jardin des cerfs). Kintsune Saioji (1171-1244) achète le site et y fit ériger un temple, achevé en 1224, afin d’attirer la protection des dieux sur sa famille. Il ne reste actuellement rien de ce temple.

Yoshimitsu (1358-1408), troisième shogun du clan Ashikaga, abdique en 1394 en faveur de son fils de 9 ans, Yoshimochi et entre ensuite dans les ordres bouddhistes, à l’âge de 38 ans. En 1397, il décide de faire construire sa nouvelle résidence, le palais de Kitayama (nom du lieu de l’actuel Kinkakuji). La résidence brûle pendant la guerre Ônin (1467-1477) et seul le pavillon d’or reste intact. Le temple est pris dans les guerres de pouvoirs jusqu’au début de l’ère Edo.

Saisho Shotai (1548-1607) est nommé « abbé » du Kinkakuji par le premier shogun de l’ère Edo, Tokugawa Ieyasu. Personnage très influent, il garantit les revenus du temple pour toute l’ère Edo. Durant la période Meiji, le Kinkakuji souffre de la persécution des bouddhistes, mais parvient tout de même à rester intact. Il ouvre alors ses portes au public en 1894. Après la seconde guerre mondiale, il devient l’un des monuments japonais les plus visités.

Malheureusement, en 1950, le temple est incendié volontairement par un moine, qui déclare ensuite avoir voulu « se suicider avec le temple ». Yukio Mushima a écrit un roman, Le Pavillon d’or, sur cet événement. Le temple est reconstruit à l’identique en 1955. Il est rénové en 1987, période pendant laquelle les dorures sont épaissies et recouverte d’une couche protectrice.

Depuis 1994, le Kinkakuji fait partie du patrimoine mondial de l’Unesco et les Japonais en retirent une grande fierté.

Le phenix qui se trouve en haut du temple du pavillon d'or

Au sommet du Kinkakuji se trouve un phenix doré. Quel meilleur symbole pour un temple qui a traversé tant de peripéties historiques ?

Mon avis sur le Kinkakuji

Je suis généralement plus critique lorsqu’un monument est très connu. Donc peut-être que mes attentes étaient trop grandes, mais j’ai d’abord été déçu par le Kinkakuji. Il est impossible de s’en approcher ou de rentrer à l’intérieur (contrairement à pratiquement tous les autres temples japonais), le chemin de visite est quasiment imposé, et seules ses dorures le différencient véritablement d’un autre temple de Kyoto (la ville en compte plus de 1600). La jardin est assez sympathique, mais ne rivalise pas selon moi avec l’ambiance de Nara ou le Shukkeienmae d’Hiroshima (probablement un de mes jardins préférés au Japon). La présence d’un nombre incalculable de pièces à chaque ensemble de statue me confortait dans mon idée d’un endroit très intéressant mais réduit à l’état de musée par le tourisme.

Tas de pièces devant une statue du Kinkakuji, le templedu pavillon d'or de Kyoto

Finalement, mon point de vue à beaucoup changé lorsque j’ai visité les ateliers de Kobori, une maison spécialisée dans les objets bouddhistes dont certains produits seront probablement sur Kyototradition dans quelques mois. Quel est le rapport entre la maison Kobori et le Kinkakuji ? Et bien, la maison Kobori recouvre ses objets de feuilles d’or, comme l’a été le temple en son temps, et après avoir essayé de recouvrir un petit objet (et avoir totalement échoué), j’ai compris la prouesse artisanale que représente le Kinkakuji. Malheureusement, comme on ne le voit que de loin, on a l’impression qu’il a été recouvert d’or de manière uniforme, comme s’il était peint. Pourtant, si on y regarde de près, on voit bien qu’il s’agit de feuilles d’or (je vous conseille de cliquer sur la photo pour mieux le voir) :

Zoom sur les dorures du Kinkakuji de Kyoto.

Je conclurai donc que le Kinkakuji mérite probablement d’être vu, mais que le fait qu’on ne puisse pas s’en approcher limite malheureusement l’intérêt de la visite. Celle-ci est assez courte, trop dirigée, mais reste tout de même sympathique. Pour ceux qui aiment les monuments connus, cette visite est indispensable, mais elle ne l’est pas pour ceux qui aiment marcher en dehors des sentiers battus.

Il parait que le Kinkakuji ressort mieux sur la neige, du fait du contraste entre le blanc et le doré. Je n’ai pas encore eu l’occasion de le voir en hiver, mais les photos laissent penser que cette saison est la meilleure pour aller voir le temple du pavillon d’or.

Le Kinkakuji recouvert d'une couche de neige

Et vous ? Qu’en avez-vous pensé ?

Origine des photos :

Photo du titre : Matt Perreault

Phenix : Mshades

Photo des dorures : Joi

Sous la neige : Beggs

8 réponses à Kinkakuji: le « temple du pavillon d’or » de Kyoto

  1. cova dit :

    Je l’ai découvert cet été sous la pluie, il brillait dans la grisaille, ce n’est pas le plus beau mais il est étonnant.
    C’est cependant vrai que c’est très frustrant de ne pas pouvoir s’en approcher plus…

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  7. Max dit :

    Un superbe lieu en tout cas
    Je pars bientôt en Asie, et il est noté sur mon carnet de route !

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