Le trésor impérial japonais

Représentation du trésor impérial 

Aujourd’hui, nous allons nous intéresser de plus près aux objets, qui dans la cosmogonie japonaise et depuis la création du système impérial, symbolisent le pouvoir. Les trois trésors sacrés du Japon, aussi connus sous le nom d’insignes impériaux japonais ou encore trésor impérial japonais.

Ce trésor impérial japonais se compose de trois objets :

L’épée, Kusanagi no tsurugi (Ame no Murakumo no Tsurugi, 天叢雲剣, de son nom complet lequel signifie épée du ciel aux nuages regroupés) : elle symbolise la valeur et le partage. Il s’agirait d’une épée droite à double tranchant (par conséquent en opposition totale au style japonais), en cuivre, mesurant environ quatre-vingt centimètres, et actuellement conservée près de Nagoya, dans le temple « Atsuta ». Selon les récits, elle fut trouvée par « Susanoo no mikoto » dans l’une des huit queues du yamata-no-orochi qu’il vainquit lorsqu’il descendit de la« Haute plaine du ciel » sur Terre. Plus tard, il offrit la lame à sa sœur Amaterasu en gage de sa bonne volonté de réconciliation.

Le bouclier-miroir, Yata no kagami (八咫鏡): il symbolise la sagesse et la compréhension. Il s’agirait d’un objet en bronze, poli, d’à peu près cinquante centimètres de diamètre, présentement conservé au temple « Ise » dans la préfecture de Mie, au Japon. Selon la légende, il fut utilisé par les « kami » dans le but de convaincre Amaterasu de sortir de la caverne dans laquelle elle s’était retirée, excédée par les affronts de Susanoo. Il intrigua la déesse du soleil lorsque, suspendu à un arbre devant l’entrée de la caverne, cette dernière vit son reflet s’y matérialiser.

Vue de l'un des nombreux sanctuaires composant le temple Ise

Le joyau Yasakani no magatama (八尺瓊曲玉): ils illustrent la capacité d’apprendre et la bienveillance. Il s’agirait d’un bijou, composé de perles de gemmes et diverses autres pierres précieuses, en forme de griffe recourbée. Il serait conservé à Tokyo, dans le palais impérial « Kokyo ». Selon les récits, Izanagi aurait offert cinq colliers de magatama à Amaterasu. C’est également à partir de ces bijoux que, lors d’un défi lancé à Amaterasu, Susanoo créa cinq « kami »mâles.

vue d'un des châteaux du palais impérial kokyo

Ces trois artefacts puisent leur origine dans « la mythologie japonaise ». Si de nombreux pouvoirs magiques leur sont prêtés, une fois tous les trois réunis, ils symbolisent surtout le règne impérial et son caractère divin. En effet selon la légende, ils furent offerts à Ninigi no mikoto, l’arrière grand-père du premier empereur du Japon, par sa grand-mère la déesse « Amaterasu », lorsqu’il descendit des cieux pour pacifier et unifier l’actuel pays du soleil levant. Ils étaient la preuve de son ascendance et de son droit divin à régner sur l’archipel nippon.

En réalité, personne, excepté les empereurs et les rares prêtres officiant dans les temples où ils sont conservés ou bien lors des cérémonies d’intronisation des empereurs, ne sait à quoi ressemblent ces objets. Par ailleurs, les reliques actuelles conservées dans les temples sont des reproductions des objets d’origines qui furent plusieurs fois perdus ou détruits à travers les âges.

Il est particulièrement intéressant de se pencher autour du mystère qui entoure ces objets. En effet tout le monde connaît leur histoire, mais personne ne les ayant jamais vus, les spéculations et les conjectures les plus folles ont germé au sujet de leur apparence, de leurs éventuels pouvoirs ou même des tours qu’ils avaient pu jouer aux différents empereurs au cours de l’histoire. Les artéfacts semblent également être une source intarissable d’inspiration pour les créateurs de manga, jeux vidéo et autres divertissements en tout genre. Nous pouvons également remarquer ici une différence notoire entre les cultures occidentales et la culture japonaise : Alors qu’en Europe les symboles de la royauté et par extension, du pouvoir (sceptres, couronnes etc.) étaient mis en valeur, au su et à la vu de tous, au Japon ils ont toujours été jalousement dissimulés. L’empereur lui-même, détenteur ponctuel de ces attributs qui en réalité s’attachent plus à la fonction impériale qu’à la personne occupant ladite fonction, ne voit ces objets que lors de la cérémonie de son intronisation où ils lui sont présentés par les prêtres auxquels est dévolue la lourde tâche de leur conservation.

En conclusion, nous avons pu observer ici comment des objets sacrés et anciens, symboles de pouvoir restent aujourd’hui encore très ancrés dans les esprits et la culture modernes.

J’espère que cet article vous a plu et vous aura appris de nouvelles choses.

京都ツラヂチョンでまたね。

(à bientôt sur Kyototradition !)

Images : Wikipédia