Déclin et retour du kimono

Dans un précédent article sur la première partie de l’histoire du kimono japonais, nous avions démontré son rôle social et son évolution jusqu’à la première partie de l’ère Edo. Aujourd’hui, nous vous présentons une période tumultueuse entre la deuxième partie de l’ère Edo – durant laquelle il tend à disparaître –  jusqu’à notre époque – durant laquelle le kimono japonais intègre une nouvelle mode vestimentaire.

Portrait de jeune femme en kimono

Après la révolution du kimono japonais, un pas vers la sobriété et la simplicité

 

Matsuo and Okada in kimono cropped

Lors de la première moitié de l’ère Edo, le terme kimono apparaît en défaveur du kosode, incluant de nombreux types de vêtements. Il s’agit toujours d’un ensemble de pièces rectangulaires cousues entre elles, avec la particularité de ne jamais être coupées. Si les premiers signes d’extravagance du kimono japonais sont apparus à cette époque, ils se sont estompés lors de la deuxième moitié de l’ère Edo, entre 1750 et 1850. En effet, dans un contexte économique de plus en plus difficile, les lois somptuaires ont entraîné la simplification du kimono, tant au niveau des motifs qu’au niveau des ornements. Il devint alors plus sobre, et la représentation sophistiquée de la nature s’est inclinée en faveur d’un nouveau style : les représentations géométriques. Les couleurs sont moins éblouissantes et le kimono en coton, le yukata, commença à se répandre auprès du peuple.

Yukata pour homme à motifs géométriques

Le kimono sous influence occidentale à l’ère Meiji

A l’ère Meiji (1867 – 1912), l’ouverture du Japon a accéléré le déclin du port et du style traditionnel du kimono en faveur d’un aspect occidental et modernisé. Néanmoins, les deux genres sont harmonieusement mélangées et se démarque non seulement au niveau des associations mais surtout au niveau des impressions et des motifs, plus modernes et abstraits. Ainsi, les accessoires occidentaux tels que les bottines remplacent les geta, et les motifs asymétriques disparaissent peu à peu pour des lignes symétriques. Toutefois, au Japon, il y a de plus en plus de demandes de vêtements occidentaux et le gouvernement contraint les officiels, les militaires et les fonctionnaires à les adopter. Les citadines emboîtent le pas et le kimono n’est majoritairement porté que par les gens de la campagne. Ce n’est que lors de grands événements et des cérémonies officielles que le kimono est porté par tous, notamment lors des mariages.

Wedding kimono

Le grand retour du kimono aujourd’hui

Depuis l’ère Shôwa au début du XXè siècle, le kimono n’est plus porté que lors des grandes occasions. Compte-tenu du prix très élevé d’un kimono « authentique » destiné à cet effet, généralement, les japonais le louent. Le XXIè siècle voit un retour du kimono associé parfois à des accessoires extravagants par une nouvelle génération très créative. L’enclin de cette génération pour l’adaptation du style traditionnel au style moderne, l’intérêt des occidentaux pour la culture japonaise et l’intégration du kimono dans la mode par des stylistes japonais, tel que Kansai Yamamoto contribuent alors progressivement au retour du port du kimono dans la vie quotidienne. Il s’agit sûrement là encore d’une étape de l’évolution de ce vêtement qui n’a pas totalement disparu. Par ailleurs, dans le commerce, on retrouve de plus en plus de yukata, des kimonos d’été simplifiés au prix abordable et faits à la main, notamment sur Kyototradition.

Kimono lady at Gion, Kyoto

京都ツラヂチョンでまたね。(à bientôt sur Kyototradition!)

Photos :

Flickr : Portrait de jeune femme en kimono

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