L’estampe japonaise dans l’Histoire

Nous vous avions brièvement présenté notre expérience sur la réalisation d’une estampe japonaise. Aujourd’hui, nous vous exposons son histoire tumultueuse, sa place et son évolution à travers quatre siècles de l’Histoire du Japon.

Collection d'estampes japonaises des éditions Unsodo

Collection d’estampes japonaises des éditions Unsodo

Lorsque vous décidez d’acquérir une estampe japonaise, vous recherchez l’authenticité. Cela se traduit par une réalisation à la main, utilisant une matrice de bois gravée pour chaque couche de peinture et une technique subtile d’impression sur feuille par pression. Cette procédure traditionnelle fait appel à trois interventions majeures : l’élaboration du dessin, la conception de la gravure sur bois et l’impression sur feuille. A ces trois intervenants, s’ajoute un quatrième, l’éditeur, qui publie le produit fini dans le but de le commercialiser.

L’estampe japonaise, un art qui a évolué tout en gardant ses techniques traditionnelles

De la monochromie à la polychromie

L’estampe japonaise, communément connue sous le terme Ukiyo-e (traduction littérale : « images du monde flottant ») a tout d’abord été monochrome. Moronobu, Matabei, font partie des pionniers de cette pratique traditionnelle, au XVIIè siècle.

C’est vers le milieu du XVIIIè siècle que les couleurs sont apparues sur les Ukiyo-e, introduites notamment par Harunobu – spécialiste de la représentation des courtisanes – et Masunobu – spécialiste de la perspective dans les Ukiyo-e.

Des sujets et des représentations plus vastes

A l’époque, les images représentaient des personnages célèbres, des courtisanes, des scènes de la vie quotidienne, pour les besoins des acteurs de la culture et du divertissement. Petit à petit, pour répondre à une demande en décoration et à la suite de diverses répressions et des guerres, on vit apparaître des paysages avec Hokusai de la nature morte et des animaux ainsi que des événements historiques.

Le Fuji Rouge Hokusai

L’influence de l’Histoire du Japon dans l’évolution de l’estampe japonaise

L’âge d’or, puis le déclin de l’estampe de l’Ukiyo-e

Entre le XVIIè siècle et le XIXè siècle, durant l’ère Edo, les Ukiyo-e étaient uniquement de l’artisanat, mais avaient du succès, surtout auprès des bourgeois. Le contexte d’un pays fermé a permis à cette couche sociale de s’approprier un style qui n’était pas celui de l’aristocratie, alors tournée vers l’autre art visuel existant, la peinture.

A l’ère Meiji, au milieu du XIXè siècle, le Japon s’ouvre et la population s’intéresse de moins en moins à l’Ukiyo-e en faveur de la photographie. Le déclin se fait alors ressentir, les dessinateurs sont moins sollicités et la génération ne se renouvelle pas.

Les nouveaux défis de l’estampe japonaise

Au début du XXè siècle, les occidentaux s’intéressent à l’Ukiyo-e et une nouvelle génération fait son apparition, sous l’initiative de l’éditeur Watanabe. On peut notamment citer Kasamatsu. Afin de relancer le marché, il prend en considération ce qui pourrait plaire à la clientèle et à ceux qui deviendront de vrais collectionneurs : des techniques artistiques plus précises telles que le clair-obscur,  le dégradé, etc., tout en gardant les sujets de l’ère Edo. Pour marquer la différence, il créa le Shin Hanga, transformé en véritable mouvement.

Ikebana de Kasamatsu

De l’artisanat à l’art « noble »

Les estampes japonaises sont de nouveau sollicitées et sont devenues un véritable art, exportées en Europe et en Amérique. Les collectionneurs se passionnent pour les œuvres originales d’antan, des artistes étrangers s’initient aux estampes japonaises et l’art traditionnel est revalorisé par des expositions et une meilleure accessibilité auprès de la population locale. Parallèlement à  Watanabe, d’autres éditeurs sont reconnus, tels qu’Unsodo.

Modèle estampe japonaise

Durant ces quatre siècles, si les influences et les techniques artistiques se sont développées, le procédé artisanal est resté le même. C’est notamment cette valeur authentique que Kyototradition veut véhiculer à travers l’histoire de l’estampe japonaise, et bientôt, des détails plus approfondis dans de futures publications.

京都ツラヂチョンでまたね。(A bientôt sur Kyototradition !)

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