Hiroshige, le bleu

Hiroshige

Portrait de Hiroshige, réalisé par Kunisada

On vous a déjà parlé, dans notre article précédant, d’Hokusai l’un des plus grands peintres d’estampes au Japon. Aujourd’hui, je vais présenter Hiroshige, l’un des derniers génies de l’ukiyo-e.

La route vers le Succès

Hiroshige, de son vrai nom Andō Tokutaro, est né à Edo en 1797. Issu d’une famille de samouraï, il a grandi dans la caserne de pompiers où son père Andō Genuemon était officier de brigade. Il était chargé de la surveillance contre le feu du château du Shogun.

En 1809, il a perdu sa mère. Son père lui légua alors sa charge dans la caserne. Un an plus tard, son père disparaît. Il n’a alors que 14 ans.

Le peu de charge qu’il avait dans la caserne lui permet alors de dessiner, sa passion, que vraisemblablement, il cultive depuis l’âge de 10 ans. Un rouleau de cette époque a été retrouvé par certains experts et ils l’ont attribué à Hiroshige.

Il est alors accepté dans l’école de d’Utagawa Toyohir. Son développement de l’estampe de paysage lui a permis d’être honoré en 1812 par un nom de pinceau : Utagawa Hiroshige.

Jusqu’en 1829, donc même après la mort de son maître en 1828, il continue à perpétuer les dessins de ses prédécesseurs : portraits de femmes, enfants, guerriers. Il a repris à ce moment l’atelier et l’a appelé Toyohiro II.

Mais la demande des représentations de paysages augmentait et Hiroshige s’y est consacré pleinement jusqu’aux succès fulgurants qui font sa renommée aujourd’hui.

La consécration

C’est au cours d’une mission officielle qu’Hiroshige a réalisé  »Les cinquante-trois stations de la route du Tōkaidō« . Hiroshige était chargé par le shōgunat d’Edo de faire partie du cortège qui rendait hommage chaque année à l’empereur. C’est sur la route qu’il a réalisé ses croquis des 53 étapes qui relient Edo à Kyoto. Il a transformé ces croquis en estampes dès son retour.

NIHONBASHI

NIHONBASHI, la première étape du voyage

Ces estampes ont fait d’Hiroshige un peintre paysagiste de renom au Japon, puis dans le monde entier. L’engouement des gens pour les peintures de paysages à cette époque et la magie qu’Hiroshige ajoutait à ses estampes ont fait son succès immédiat.

Son Art

Hiroshige a continué à vivre à Edo, mais il se permettait des voyages pour enrichir sa collection d’estampes. Il avait choisi les meilleurs ateliers de gravure et d’impression pour les réaliser.

Son style est marqué par l’utilisation du bleu de Prusse ce qui lui vaut le surnom d’Hiroshige le bleu.

Hiroshige avait une approche poétique de la nature. Il saisissait l’instant, l’extrême beauté de la nature, en ajoutant parfois une note d’humour. Il soulignait ses estampes par des effets captivants, il rehaussait la réalité avec une profonde sensibilité.

Vous pouvez d’ailleurs découvrir sur Kyotradition la page dédiée à quelques estampes d’Hiroshige.

La fin de sa vie

Hiroshige a réalisé plus  de 8000 estampes au cours de sa vie. Les grandes demandes de ses éditeurs entraînèrent une surproduction qui accuse une petite baisse de qualité.

A la fin de sa carrière, il a réalisé les « Cent Vues d’Edo » qui rend hommage à sa ville et couronne son remarquable succès.

Il a fini sa vie auprès de sa deuxième femme, ni pauvre, ni riche. Il est mort du choléra le 12 octobre 1879.

Dans son dernier poème, à l’agonie, il a déclaré « Je laisse mon pinceau à AzumaJe vais voyager vers les terres de l’OuestPour y observer les célèbres points de vue »

Il a laissé derrière lui, sa toute dernière œuvre,  Fuji Sanj Rokkei, en cours d’édition.

Je vous parlerai dans un autre article des créations marquantes d’Hiroshige et de son style particulier.

 

Image : Wikipedia Commons

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