La fabrication des sabres japonais

Afin d’évoquer la fabrication des sabres japonais, il est nécessaire de commencer par aborder le sujet de la matière première à partir de laquelle lesdits sabres sont fabriqués : l’acier japonais (tamahagane).  Ce métal se distingue de ses semblables par sa haute teneur en carbone qui lui confère son extrême dureté.

Aujourd’hui, on peut se procurer le tamahagane uniquement dans le Honshu ou il y est produit dans un fourneau : le Tatara. Le tamahagane est obtenu à partir d’un principe plutôt simple qui consiste à chauffer le fer à très haute température, dans le fameux tatara afin qu’il se combine avec le carbone environnant : c’est de cette façon qu’est obtenu l’acier japonais indispensable à la fabrication d’une lame.

Une fois qu’il s’est procuré sa matière première, le forgeron peut enfin exercer son art. Il faut tout de même savoir que la fabrication d’un sabre japonais requiert cinq semaines, c’est-à-dire plus d’un mois ! À partir de là, on peut scinder la conception du sabre en trois étapes :

La forge

La partie la plus chronophage, elle dure environ un mois. Le forgeron va travailler son tamahagane de manière à obtenir de fines galettes d’acier. Ces galettes seront à nouveau portées à très haute température puis refroidies en étant plongées dans de l’eau froide. Ces galettes trempées seront à nouveau divisées en de galettes plus petites.

Chaque galette est minutieusement examinée par le forgeron, celles à forte teneur en carbone (de couleur grise) seront utilisées afin de réaliser les parties extérieures et la pointe de la lame et celles à faible teneur en carbone (de couleur plutôt blanche) seront utilisées pour fabriquer le noyau de la lame ; les deux types de métal seront travaillés séparément.

Ces galettes seront à nouveau rassemblées et chauffées et martelées jusqu’à ce que l’artisan obtienne un bloc homogène. Ce bloc homogène sera lui même chauffé à blanc, martelé, replié sur lui-même puis à nouveau chauffé à blanc et martelé. Ces actions exécutées à répétition permettront d’obtenir un bloc en forme de lame avec un métal déjà épuré.

La trempe (yaki-hire en japonais)

Elle est la seconde étape de la fabrication du sabre qui s’avère cruciale dans la mesure ou elle permettra de différencier un bon sabre d’un sabre de qualité inférieure. C’est durant cette étape que sera obtenu le caractère qui confère au sabre souplesse et solidité. La trempe consiste à protéger le dos et les flancs de la lame, avec un mélange composé principalement d’argile de poudre de charbon et d’autres éléments variant selon les techniques de fabrication, pendant qu’on plonge la lame dans l’eau froide. Les parties protégées refroidiront lentement accordant ainsi à la lame son caractère souple alors que le tranchant de la lame non protégé se refroidira très rapidement attribuant à la lame la dureté recherchée.

Trempe de sabre japonais

Le Polissage

Il en existe deux sortes : le polissage grossier (kajitogi) effectué par le forgeron lui-même afin de se rendre compte de la qualité de la lame et des éventuels défauts qui auraient pu subsister et le polissage (jitogi et shiage  qui désigne en réalité les étapes de polissage effectué par le polisseur «togishi») réaliser par un véritable artisan polisseur, qui à l’aide de différentes pierres abrasives, polira la lame (comme si il l’aiguisait) afin de lui donner cet aspect esthétique aboutit que l’on connaît aux sabres japonais.

Enfin, grâce à ce procédé long et fastidieux sont obtenus des sabres japonais, figures de proue de l’artisanat nippon, relevant autant de l’objet d’art que de l’arme servant au combat. Aujourd’hui encore le savoir des forgerons japonais, loin d’être perdu, continue de se transmettre de maîtres à apprentis et les fabricants actuels n’ont absolument rien n’a envier à ceux d’autrefois en terme de technique et de qualité de leurs créations.

image d'un sabre japonais image de l'extrêmité d'un sabre japonais

京都ツラヂチョンでまたね。

(à bientôt sur Kyototradition !)

photos :
Justin Ruckman
Vegas
Renfield

4 réponses à La fabrication des sabres japonais

  1. Ping : La fabrication des sabres japonais - Kyototradition | L'Etablisienne | Scoop.it

  2. livraison japonais dit :

    C’est plus qu’une technique, c’est tout un art, et ça fait rêver … merci pour ce jolie post.

  3. Merci pour ce post, effectivement c’est réellement un art…

    Dommage que cela soit si difficile de trouver de telles oeuvres d’art en Europe, et hélas comme toutes objets fait main, le prix est bien souvent inabordable.

    PS : les lames me font penser aux couteaux comme ils faisaient avant à Damas

  4. blog lingerie dit :

    Je trouve ces sabres japonais vraiment fascinants. Entre artisanat de pointe et traditions, on ne peut qu’être émerveillés devant ces objets. Le passage sur le polissage est très intéressant j’étais loin d’imaginer ca

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