Fabrication du kimono : techniques d’embellissement

La fabrication du kimono japonais s’apparente à un véritable travail d’artiste. D’ailleurs, l’artisan qui en est spécialisé doit disposer non seulement d’un savoir-faire exceptionnel, mais aussi, d’une créativité sans limites. Ainsi, lorsqu’on parle de la fabrication du kimono japonais, il ne s’agit pas tout simplement de l’étape de sa couture – qui sera finalement la plus simple de toutes – mais du travail de maître qui est nécessaire afin d’obtenir un tissu magnifié.

maitre-kimono

Le tissu pour la fabrication du kimono

Plusieurs matières, types de tissus et méthodes peuvent être utilisés pour la fabrication d’un kimono. Si aujourd’hui, la soie est le tissu par excellence du kimono haut de gamme, le coton est également très répandu et sert à réaliser les yukata, des kimonos d’été légers et « simplifiés ». Autrefois, le choix était beaucoup plus nombreux, incluant diverses fibres végétales, le chanvre, la ramie, le mûrier, etc. Certains tissus moins confortables que d’autres ont été délaissés, notamment en faveur du coton, dont la culture s’est généralisée au XVIIIè siècle.

Les manières d’embellir le tissu du kimono

Nous disions que différentes manières servaient à fabriquer les tissus pour kimono. L’objectif est non seulement d’offrir des motifs aussi beaux les uns que les autres, mais aussi, considérer les différentes catégories d’événements pour lesquels le kimono sera porté.

La peinture sur soie

Dans un précédent article, nous avions évoqué notre expérience sur la peinture sur soie, une méthode difficile nécessitant un savoir-faire extraordinaire. En effet, une précision minutieuse est nécessaire pour que le tissu soit parfaitement harmonieux et le résultat, sans défaut. Suivant la technique traditionnelle, la peinture sur soie pour l’élaboration du tissu du kimono est encore aujourd’hui réalisée à la main. Il s’agit, dans un premier temps de dessiner le modèle sur le tissu en soie teint ou non, puis d’y appliquer la teinture  sur le rouleau de plusieurs mètres de longueur et dont la largeur est de 35 cm.

peinture sur soie

Le saki-zome

Les motifs du tissu du kimono peuvent également être élaborés dès le tissage. Dans ce cas, les fils sont préalablement teints, comme le requiert le style Nishijin, apparu à la moitié du XVè siècle. Cette méthode, appelée saki-zome, nécessite l’élaboration au préalable d’un modèle, qui déterminera les couleurs à appliquer aux fils, puis la réalisation du tissage. Pour certains kimonos de couleur unie, la manière de tisser les fils permet d’obtenir des motifs en relief, magnifiant un vêtement simple. Cette technique est également retrouvée dans la réalisation des kimonos de mariage, entièrement en fils de soie blancs aux motifs en relief intégrés, sinon brodés de la même couleur.

fils de soie

L’ato-zome

Contrairement au saki-zome, il y a l’ato-zome, dont la teinture n’est appliquée qu’une fois le tissu réalisé et présenté en rouleau. On avait parlé de la peinture sur soie, mais d’autres manières existent, telles que la technique « tie & dye », expliquée de manière simple, consistant à nouer certaines parties du tissu avant de le teindre. Sur les parties nouées, la teinture ne sera pas appliquée. En ce qui concerne les kimonos, cette technique qui semble également simple, est plus subtile qu’on ne le croit. En effet, dans la perspective d’offrir un tissu aux motifs harmonieux. La réalisation et les emplacements des nœuds, qui peuvent atteindre plusieurs dizaines et de plusieurs tailles pour un seul kimono doivent être longuement préparés. Il ne s’agit pas des seules techniques de teinture, de nombreuses autres existent dans la fabrication du kimono.

L’application des feuilles d’or

L’embellissement du kimono se fait également par l’application de feuilles d’or ou d’argent, naturellement à la main. La feuille d’or étant un matériau très léger, qui se désintègre très facilement, la technique du collage se fait alors par des gestes précis et par un artisan expérimenté.

 Kimono detail

La broderie

Enfin, et pas des moindres, le kimono est embelli par la technique de la broderie. Allant des fils de couleurs aux fils d’or et d’argent, la broderie continue également de se faire à la main. Quelle que soit la taille du motif, c’est à force d’habitude que l’on devient plus rapide et que l’on acquiert des gestes parfaits.

 kimono japonais avec fils dorés

Lors de la fabrication du kimono, aucun défaut ne doit être déploré, et l’importance du savoir-faire de l’artisan qui s’en charge réside dans le fait qu’une imperfection consisterait à tout recommencer. Dans un prochain article, nous vous présenterons la suite de la fabrication du kimono, incluant l’étape de sa couture.

京都ツラヂチョんでまたね。( A bientôt sur Kyototradition !)

 
 

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